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Pourquoi est-ce si difficile de changer? Changer est difficile. Si difficile, que nous préférons bien souvent demeurer avec nos vieilles conceptions et nous convaincre que le changement à apporter ne relève pas de nous. Le changement est exigeant car il implique un dépassement de soi et l’être humain n’a pas tendance à vouloir le faire. À toutes les périodes de notre existence pourtant, il est possible de changer certains aspects de notre monde intérieur. De la naissance jusqu’à la mort, la vie nous offre une infinité de possibilités afin de nous épanouir. Mais ce travail nécessite de la volonté car l'être humain a une tendance naturelle à se conforter et s’isoler dans des zones connues car il ne veut pas ébranler (ou n’ose pas) ses convictions. Dans sa quête continuelle de comprendre l’environnement dans lequel il évolue, il apprend très tôt à catégoriser les situations et évènements qui se produisent dans sa vie. Il se crée ainsi tout un système de croyances qui lui dicte ce qui est bien, ce qui est mal et de façon plus générale, ce qu’est la vie. Il en arrive alors à se créer une image du monde tel qu’il la souhaite et répond ainsi à son immense besoin de sécurité. Il croit à tort que son bien-être dépend de l’équilibre du monde qu’il s’est construit. Toute situation, personne, commentaire ou interaction qui sort de ce cadre devient alors une menace à son harmonie intérieure. Comme absolument tous les êtres vivants de la planète, l’Homme est à la recherche d’équilibre. Cette dernière est appelée «homéostasie». Il en existe deux types. Le première est appelée «homéostasie inerte» et consiste à chercher l’équilibre par le statu quo. En agissant ainsi, on croit alors s’assurer d’éviter les remises en question et les émotions soudaines. Le deuxième type quant à lui est dit «homéostasie dynamique» car elle implique une ouverture aux autres et l’épanouissement de la conscience. Cette tendance à chercher l’homéostasie par le statu quo est porté par une force qui est en chacun de nous : l’entropie. Cette dernière est décrite comme la loi de la thermodynamique déterminant que l’évolution naturelle conduit immanquablement à une perte d’organisation. En physique, l’entropie est synonyme de désordre. Du point de vue de la psychologie et psychiatrie, l’entropie implique notre tendance au statu quo et constitue l’état normal de la conscience. Cet état n’est ni utile et ni agréable et a tendance à entretenir le chaos dans notre esprit. À cause de l’entropie, l’esprit se fixe naturellement sur les problèmes et les tracas du quotidien. Il faut donc apprendre à maîtriser notre attention afin de créer un ordre dans l’esprit. C’est la raison pour laquelle la télévision est si populaire. Si elle apporte peu d’agrément, elle a néanmoins le grand avantage d’empêcher l’esprit de vagabonder. Même chose pour les jeux de société ou la lecture qui demande une concentration particulière, une attention. De façon consciente pourtant, nous croyons que le statu quo est le meilleur outil pour garder cet ordre, cet équilibre. L’entropie est bien ancrée à l'intérieur de nous et détermine la résistance naturelle de l’être humaine au changement. Heureusement, il existe une force, très grande, qui va a contre-courant de l’entropie et qui permet à chacun d’entre nous d’évoluer, de changer et de s’épanouir. Il s’agit de notre force spirituelle. Celle-ci nous permet de contrer le mouvement naturel de l’entropie en ouvrant notre conscience à une recherche d’homéostasie dynamique. C’est elle qui nous pousse à nous dépasser et à aller de l’avant même lorsque nous avons tendance à nous confiner dans l’inaction. Ces deux forces sont en chacun de nous mais nos croyances et notre perception du monde et de nous-même nous orientent souvent vers l’entropie.
L’évolution spirituelle va à dans le sens contraire de la loi naturelle et c’est ce qui la rend à la fois difficile, mystérieuse et inexplicable.
1-. Cet aspect sera traité lors de notre étude des mécanismes cognitifs de la mémoire au prochain chapitre. En effet si la tendance au statu quo est universellement répandue, c’est qu’elle est générée par des mécanismes mentaux se logeant au sein même de la psychologie humaine.
2-. L’homéostasie est décrite comme étant la capacité à garder son équilibre de fonctionnement malgré les contraintes du monde extérieur. Cette notion est d’abord apparue en biologie mais fut étendue à la sociologie, à la politique et à la plupart des sciences sociales.
3-. Le terme « émotion » décrit au sens large, l’ensemble des états affectifs. Selon les critères de Paul Ekman on peut délimiter six émotions de bases, soit la joie, la tristesse, la colère, la peur, la surprise et le dégout. Antonio Damasio, neurologue américain, aborde les sentiments et les émotions différemment en disant que ces deux notions sont trop souvent confondue comme une seule et même réalité. Dans ces mots il dit que l'émotion est une expression somatique du sentiment. Pour d’autres chercheurs (Joseph Ledoux:1998) pourtant ces deux notions se confondent.
4-. La gestion de l’attention est un élément que nous aborderons au cours du prochain chapitre. Cette dernière détermine les expériences vécues et la création de notre filtre de perception.
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Changer La psychologie du changement et du bien-être
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