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Les commentaires des autres |
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Le commentaires des autres L’esprit humain semble vouloir à tout prix catégoriser et se donner des repères dans les différentes interrelations qu’il vit. Qu’on le veuille ou non, lorsque nous pensons à quelqu’un, nous revoyons un ou deux traits de sa personnalité en particulier. Qu’il s’agisse d’une première impression ou encore d’apprentissage fait à long terme, nous restreignons très souvent l’identité des autres par des éléments que nous voyons dans notre propre monde intérieur. Sans qu’on le sache, ce que nous percevons des autres est en lien direct avec les composantes de notre monde intérieur. Comme nous l’avons vu dans le sous-chapitre sur la notion d’identité, il y a en chacun de nous des traits très complexes (et parfois ambivalents) qui façonnent notre monde intérieur. Nous restreignons pourtant notre identité en fonction de quelques traits dont les gens nous renvoient l’image. Mais nous ne sommes pas victime de cette perception. Il est important de comprendre que nous avons tous tendance à confirmer, par des actions concrètes, l’image que les autres voient de moi. Si les autres me renvoient continuellement l’image que je suis un clown, j’en arriverai à limiter mes actions à celle d’un clown. Si les autres me revoit l’image que je ne suis qu’un menteur, je pourrai en arriver à agir que comme une menteur. Dans ce genre de circonstances, nous limitons nos actions à celle que les autres s’attendent. C’est la raison pour laquelle il est si important d’arrêter nos jugements sur tous les aspect du monde. Par ces commentaires souvent réducteurs, nous limitons tranquillement et subtilement l’accès à des forces qui ne demandent qu’à être exprimées. Nous confirmons donc, de façon consciente ou inconsciente l’image de nous. L’exemple qui suit démontre ce principe. « Lors de son premier jour de travail, une collègue me dit : Je crois vraiment que je suis une sorcière. Elle ajoute qu’elle peut bouger son nez à souhait comme la sorcière bien-aimée(émission populaire dans les années 80). De plus, elle me pointe un croc (canine) drôlement positionné rappelant vaguement l’idée d’un vampire. Nous discutons alors de cette idée assez inusité afin de mieux comprendre comment cette jeune fille en est arrivé à avoir cette perception d’elle-même. Selon ce qu’elle m’a raconté, ses parents l’on rejeté parce qu’elle semblait vivre des phénomènes de médiumnités (très commun chez beaucoup d’enfants). Elle s’est créer une identité en fonction de ce que ses parents voyaient d’elle et lui disait. Une semaine après le début de son travail, j’arrive et elle me dit : il se passe des choses bizarres depuis que je travaille ici. Tout étonné, mais désirant en savoir plus, je lui demande ce qui se passe. Elle me répondit ceci : Eh bien, tout d’abord, dans les trois derniers jours où j’ai travaillé, deux personnes ont oubliés leur parapluie. De plus, je ne sais pas pourquoi mais TOUT le monde me demande des timbres!!! » Pour avoir travaillé avec les touristes depuis 7 ans, je peux vous certifié deux choses. Premièrement, tout le monde demande des timbres. À un point tel qu’il aurait d’avantage été surnaturelle que personne n’en demande. Ensuite beaucoup de clients oublient un truc ou l’autre sur le comptoir ou quelque part dans la boutique. Alors avec trois jours de temps variables, pas étonnant que les parapluies soient l’objet le plus oublié. » L’exemple de Sylvie démontre l’ampleur que la perception peut avoir dans notre vie. Pour cette jeune femme d’à peine 20 ans, tous les évènements de son vécu confirmaient son idée préconçue qu’elle était une sorcière. Elle a acquit la certitude profonde qu’elle était bizarre. Tout son environnement lui démontrait maintenant la véracité de sa perception. Tant que nous n’avons pas réalisé et retravaillé l’impact de notre vision de la vie, il est très difficile d’expérimenter de les nombreuses possibilités qu’elle peut offrir. Il faut en premier lieu que nous réalisions le caractère destructeur et réducteur de certaines croyances que nous avons sur nous-même ou sur les autre. Si nous sommes parfois victimes des préjugés des autres, nous sommes également ces individus qui catégorisent et orientent les autres. Nos croyances et nos idées préconçues nous enracinent dans une réalité beaucoup trop uniforme. Ce que nous croyons être la réalité, loin d’apporter stabilité et contentement, engendre bien souvent frustration et isolement. Le moindre petit évènement (parfois anodin pour les autres) nous sert de preuve pour confirmer les croyances que notre filtre avait emmagasiné au cour de sa vie. C’est un processus normal que nous faisons afin de trouver une cohésion dans le monde qui nous entoure. Mais lorsque cette cohésion devient rigide et impénétrable, elle devient un élément de contrôle des autres et notre impact devient négatif. Les croyances acquises pendant l’enfance sont souvent celle qui sont les plus profondes en nous et qui prennent le plus de temps à réapprendre quand nous réalisons qu’elles sont des freins à notre développement. Lors de cette période importante de développement, le seul contact réel et constant que nous avons est avec notre famille immédiate. En effet, les expériences qu’il vit au sein de cette dernière représente la totalité des expériences que le monde peut offrir. C’est un élément qui explique pourquoi il est si différent de se départir de nos vieux modèles de pensées. Lorsque cet environnement n’a pas l’écoute, par exemple, il faudra beaucoup de temps avant d’en faire l’expérience. Lorsque la famille a elle-même des croyances qui limitent l’expérience de l’amour, c’est l’ensemble de la vision de l’enfant qui assimile ce manque. Par son expérience très restreinte dans le monde concret, il ne peut concevoir une autre vision du monde que celle qu’il fait dans son environnement immédiat. « Ne limitez pas vos enfants à vos seules connaissances car il sont nés en d’autres temps. » Proverbe juif Tôt ou tard, la vie nous confronte pourtant à des événements et à des épreuves qui viendront en opposition aux apprentissages faits par le passé. Ces évènements ont pour but de nous faire expérimenter des éléments qui peuvent favoriser notre quotidien en découvrant le monde qui se cache en nous. C’est avant tout cette confrontation qui générer du stress. Plus nous serons aptes à gérer ce stress tout en restant ouvert aux remises en question, plus nous serons capable d’affronter les nombreux défis qui peuvent paver notre existence. À différente période, nous vivons des bouleversements intérieurs. Afin de répondre à certains de nos besoins (amour, identité, reconnaissance) nous aurons tendance à nous créer des identités (comme Sylvie) en fonction de ce que les gens veulent bien voir de nous. L’impact du jugement des autres est parfois beaucoup plus grand qu’on peut imaginer. Cessons dès maintenant de porter des jugements et des commentaires sur la vie des autres. Nous ne savons jamais ce que les autres vivent au fond d’eux. Qui sommes-nous pour juger l’expérience des autres alors que la nôtre est elle-même limitée par des centaines de croyances? Je suis convaincu que quiconque se transporterait un bref instant dans l’histoire de la personne qu’il condamne y trouverait l’explication de beaucoup de comportements. Cessons de s’opposer aux apparences. Relions-nous plutôt aux idéaux. Nous agissons si souvent en fonction d’un infime partie de notre être et oublions les possibilités et multiples aspects de notre personnalité. En devenant dépendant de cette image, nous confinons l’expérience que notre âme fait de la vie. Je crois que c’est peut-être ceux dont la vie est le plus différente qui sont les plus sensibles à l’image que les autres leur envoient. Réapprendre la vision que nous avons de nous-même, c’est avant tout reconnaître notre dialogue intérieur et les phrases que nous nous sommes fait répéter durant les périodes importantes de notre histoire. Un nombre considérable de phrases sont entrées en nous et sont devenus des certitudes absolus : Ces phrases qui sont entré subtilement en nous et sont devenus, sans le savoir le moteur de nos vies et contribuent des années après à limiter l’expérience que l’on en fait. Il est maintenant temps de réaliser que ces croyances ne correspondent qu’à une infime partie de l’expérience qu’on peut en faire. En réalisant que ce que les autres voient de nous n’est qu’UNE partie de nous, nous ouvrons notre âme et notre quotidien à expérimenter le monde dans une mesure beaucoup plus grande. En reprenant contact avec toute l’ampleur de notre monde intérieur, nous devenons à même de recréer tout ce qui nous entoure à la hauteur de l’amour qui habite en nous. Voici l’exemple d’une discussion qui eut lieu au cours d’une ligne ouverte à la télévision. Le sujet était le port du voile dans les écoles au Québec. À la table de étaient assis un homme prônant un mouvement tendant vers la laïcité. De l’autre, deux femmes musulmanes voilées de la tête aux pieds. En fonction de nos valeurs et de nos expériences personnelles, le port du voile est perçu comme une soumission de la femme aux désirs de l’homme. C’est donc en fonction de notre culture (et de notre filtre) que nous jugeons les comportements des autres. Après quelques appels décriant la soumission de ces femmes, une des femmes voilées pris la parole : « Chez moi, je suis la plus voilée. Ma mère couvre à peine ses cheveux. Mais un jour, j’ai décidé de porter le voile et me couvrir le cou. Vous ne pouvez imaginer le sentiment de libération que j’aie vécu en moi. Le sentiment de ne plus être régit par la mode ou par les autres, celui d’être aimé pour qui je suis à l’intérieur et de ne pas être vu comme un objet sexuel. » Cet exemple démontre que les apparences importe peu. Nous pouvons dépenser une énergie folle à prêter des intentions (qui ne sont que le reflet de notre propre monde intérieur) aux autres. Cette énergie et ces pensés, trop souvent basées sur un raisonnement conscient et logique omet de prendre en considération le caractère intuitif qui nous donne également accès à une connaissance du monde. Consacrons plutôt notre énergie à retravailler l’impact qu’on certaines personnes sur nous. C’est alors que l’ensemble de notre vie prendra une tournure différente. C’est plutôt la façon dont on perçoit les choses qui fera une grande différence dans notre notion de bien-être. Pour cette femme musulmane, il y a une grande cohérence entre sa vision du monde et la façon dont elle l’expérimente. Cette cohérence entre vision et action est une composante importante de notre bien-être. Le déséquilibre engendré par ce manque de cohésion nous fera vivre un état d’anxiété, de stress et de dépression. En comparant les mots on oubli les idées. L’exemple de cette femme voilée le démontre encore. Ne prêtons pas la vision de cette femme à toutes musulmanes de la terre. Je suis convaincu que beaucoup d’entre elles, comme beaucoup de femmes nord-américaines, se sentent prisonnières d’un mari possessif. Mais pour cette femme musulmane qui a pris la parole à la télévision, son idéal de liberté est vécu de cette façon alors que le même idéal pourrait être vécu par une sexualité très ouverte pour une autre. Cessons de juger la façon dont les gens veulent s’approcher de leur idéal. Il est temps de comprendre que l’idéal de cette femme voilée n’est peut-être pas si loin de l’idéal que celles des gens en occident. Les croyances que nous avons sur le monde orientent non seulement la façon dont nous répondons à nos besoins mais aussi toutes les interactions que nous avons avec les gens qui croisent notre route. Si nous avons une perception négative d’une catégorie de la population par exemple, nous n’agirons pas de la même façon que si nous en avons une bonne.
Ce sont ces croyances sur le monde dont il faut prendre conscience. En comprenant la nature de celles-ci, on devient à même de percevoir l’origine de nos gestes, de nos actions ainsi que de nos paroles. Il faut parfois de longues années avant de cesser de penser que notre vision du monde est la seul valable. La vie nous oblige à ouvrir nos perceptions à des façons de penser le monde autrement. Concentrons nous à partir d’aujourd’hui à ouvrir notre âme à ce qui m’unit avec la personne avec qui j’entre en relation. Il est facile de mettre l’accent sur les divergences et sur ce qui m’oppose en apparence à l’environnement qui m’entoure. À fixer notre esprit sur celles-ci, nous nous enfermons dans des types de relations qui apporteront immanquablement, frustrations, tristesse et colère. Nous sommes les premiers bénéficiaires du fait de fixer notre esprit sur le beau. À plus long terme, l’accumulation de ces sentiments négatifs sont les causes majeurs de stress, d’anxiété et de dépression. Notre identité étant très vaste nous faisons le choix à chaque instant de fixer notre esprit sur les éléments qui nous unisse au monde en arrêtant de vouloir imposer à ce dernier, ma propre vision des choses. |
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Louis-Simon Roy, diplômé de l’université Laval en Travail social, conférencier et écrivain - Une vision nouvelle de voir le développement de soi
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